séance / 3

lundi 23 mars 2015 de 17h à 20h
L’ (a-)synchronisation du projet avec des données produites en temps réel

Intervenants :
. Francis Dhee, géographe, Ecole Nationale des Sciences Géographiques,
. Thierry Fournier, artiste, enseignant Ensad,
. Pauline Clocher, élève Ensci/les ateliers studio de création phénOrama.

 

ECOUTER LE SEMINAIRE

L’esthétique des cartes de Francis Dhee

La carte permet une visualisation efficace de l’information géographique, que celle-ci soit générale comme sur les cartes topographiques ou, thématique comme sur les cartes routières, les plans d’urbanismes, de prévention des risques … Mais comment caractériser cette efficacité ? La cartographie est toujours à la recherche d’un équilibre entre son efficacité – capacité à accéder à l’information rapidement et sans erreur – et l’esthétique : une carte juste mais « moche » ne transmettra pas d’information puisqu’elle ne sera pas lue ! De la définition de la carte au questionnement esthétique de celle-ci, est-ce qu’elle peut devenir une œuvre d’art ?

A propos de Francis Dhee : Ecole Nationale des Sciences Géographiques

 

Présentation et discussion d’un projet en cours de Thierry Fournier
ECOTONE
installation en réseau, 2015
requêtes twitter, programme 3d temps réel, synthèse vocale, projection ou écran lcd
L’installation en réseau Ecotone génère en permanence un paysage à partir de tweets captés en direct et lus par des voix de synthèse, qui ont tous en commun d’exprimer des désirs. Dans un travelling infini, une caméra se déplace au ralenti dans ce paradis artificiel généré par les paroles. L’œuvre crée un artefact d’espace collectif n’existant qu’à travers le réseau, ainsi qu’une proximité inhabituelle avec (et entre) les pensées des internautes ainsi extraites de leur contexte. Elle questionne aussi bien les enjeux de ces paroles jetées comme des bouteilles à la mer, que les limites fluctuantes entre intime et public sur les réseaux sociaux.
Une forme de cartographie est produite ici en direct, qui produit la saisie et la mise en évidence d’un flux à un moment donné. Sa temporalité s’ajuste à un phénomène qu’elle choisit, décode et ré-encode afin de mettre l’accent sur des enjeux qui s’avèrent aussi bien comportementaux que sociaux et politiques.
thierry fournier phénorama

[Crédits : Programmation : Olivier Guillerminet. Coproduction Thierry Fournier, Lux Scène nationale de Valence, Synesthésie dans le cadre de la résidence de Thierry Fournier en 2014-2015. Avec le soutien du DICRéAM, du Fonds SCAN Rhône-Alpes et de la Région Ile-de-France. Photographie : Ecotone, capture d’écran, © Thierry Fournier 2015]

A propos de Thierry Fournier :  thierryfournier.net

 

Connected Island de Pauline Clocher et Etienne Fabre

Le monde réel est dicté par le monde virtuel. La survie individuelle est dépendante de nos liens virtuels sur le réseau. Connected
Island nous permet de vivre, de conquérir son territoire et d’être aimé. Un ami constitue une île, son réseau d’amis constitue les accès
à cette île. Plus les amis sont intra-connéctés, c’est à dire connectés entre eux, plus le territoire associé est vaste et prospère. Au con-
traire, plus les amis sont indépendants et isolés, plus le territoire associé est exigu et étroit. L’ajout d’un ami est donc équivalent à
une montagne, une colline ou une prairie selon son intra-connectivité et l’intra-connectivité entre ses amis. Si les amis possèdent
des liens forts avec leurs amis, alors les chemins entre les îlots sont accessibles, larges et déblayés : les autoroutes sont donc le résultat
d’une amitié prospère, les nationales d’une amitié florissante, les départementales d’une fraîche connaissance, les communales
d’une entente flanchante, les routes d’une association agonisante et les chemins d’une trace d’affection fanée. Un like correspond
à l’éclosion d’un bourgeon et donc à la potentielle production d’oxygène sur l’ile. Il faut donc entretenir ses relations pour veiller
à l’heureuse croissance de ses cultures. Plus les likes sont nombreux, plus le territoire est riche, vivable et exploitable.
Par conséquent, la teneur en eau de l’île est fonction de la fidélité de ses amis. En effet, les amis qui interagissent et communiquent le plus sont les plus comblés en hydratation des sols et les saisons des pluies sont plus fréquentes. Chaque individu possède donc une configuration différentes de rassemblement d’îles.
Ainsi, cet ensemble d’îles évolue t-il au cours du temps en fonction de nos ajouts d’amis, de nos likes, de nos interactions, de nos
communications, mais aussi de la perte d’un ami. Etre ami avec autrui serait bien trop aisé si l’on ne devait pas le voir IRL
(In the Real Life): il faut l’avoir rencontré en personne et que l’accord soit commun.Vous l’aurez donc compris, Connected Island redéfinit les règles du jeux du territoire. Ce n’est plus l’Histoire et la Géographie qui
définissent les frontières mais bien la capacité de chaque individu à socialiser avec les monde réel et virtuel qui l’entourent.
C’est une conquête du territoire à l’échelle individuelle où chaque personne a la nécessité de se constituer un réseaux d’amis et donc
d’îles. C’est aussi une nouvelle définition du réseau social puisqu’il s’agit maintenant d’intérêt commun pour la survie individuelle.pauline clocher phenorama

Connected Island de Pauline Clocher et Etienne Fabre

 

 

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