exposition formes d’usages

Exposition des travaux des étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle – Ensci/Les ateliers en formation initiale et post-diplôme Mastère Spécialisé Création et Technologie Contemporaine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (Master 1 Design, Média, Technologie/Spécialité design et environnement). 

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Cette exposition a bénéficiée du soutien du Labex/Création Art et Patrimoine

Oeuvre utilisable, manipulable, oeuvre participative ou consultable, relationnelle ou « on demand » beaucoup d’expressions montrent que l’art n’est pas indifférent à la question de l’usage. Le fameux « ne pas toucher » placé à côté des oeuvres dans les musées a été à plusieurs reprises bousculé par les artistes modernes dans le cadre du processus de désacralisation de l’oeuvre d’art dans le courant du XXème siècle. La question de l’usage dans l’art contemporain et son rapport à la forme est un sujet à rebondissement. Cette question est bien souvent indissociable de l’évolution et de la progression de l’industrie que les travaux des artistes interrogent.

Déjà dans les années 1900 Duchamp avec ses ready-made questionnait le rapport forme/fonction en jouant
de la décontextualisation. En 1971 l’artiste américain Robert Morris réalisait à la Tate Modern de Londres une exposition au nom évocateur de Body space motion things. Où l’on voit des visiteurs bouger, agir, monter, descendre, grimper, faire l’équilibre dans des structures en bois.

Dans Esthétique relationnelle sortie en 1996 le critique d’art Nicolas Bourriaud écrit à propos du travail Cosmos de Boris Achour « l’artiste s’approprie les produits et objets de la vie quotidienne pour les faire fonctionner autrement, imaginant des liens comme un web surfer ou un Dj qui inventerait des itinéraires à l’intérieur d’un réseau d’objets réalisés par d’autres. » Le 1er avril 2007 l’artiste Carstern Holler fabrique dans le hall de la Tate Modern
à Londres un toboggan géant. On glisse, on rigole, on s’amuse,…

Ainsi le statut du visiteur s’est donc transformé. Sa participation est sollicitée, il est invité à quitter la position du contemplateur pour s’engager dans une expérience qui l’immerge et fait appel à tous ses sens. Par le biais de l’usage, l’oeuvre perd son autonomie.

Mais depuis les années 90 le contexte d’apparition de l’oeuvre d’art a bien changé. Il est actuellement traversé et travaillé par l’émergence d’une nouvelle industrie : l’industrie culturelle et l’apparition de structures muséales qui sont passées en quelques années du « musée-école » au « musée-divertissement ».

Le musée est entré dans l’ère du « branding », il est devenu une marque ; c’est le phénomène Bilbao. Cette tendance a été amplifiée par la production de biennales d’art contemporain à grand spectacle qui ont fait la part belle à des oeuvres spectaculaires produites industriellement, utilisant pour cela des technologies innovantes. Dans le sillage de ce développement, l’art apparaît de plus en plus comme un secteur à part entière de la société; il est perçu par les acteurs politiques, économiques et culturels comme faisant parti des « industries créatives ». Son statut privilégié d’observateur situé aux limites du « système » mais aussi de la culture s’est effrité.

Ce qui fait dire à l’artiste Nicolas Ledoux qui dans son travail interroge les liens de l’oeuvre d’art avec son contexte d’apparition : « L’art contemporain » par certains aspects « ressemble de plus en plus à l’industrie du cinéma avec d’un côté les superproductions Hollywoodiennes et de l’autre le cinéma d’auteur » précisant au passage « qu’il est possible de trouver des choses de grandes ou de mauvaises qualités dans les deux voies».

L’exposition Formes d’usages est l’aboutissement d’un travail réalisé par des élèves en formation initiale et en post-diplôme – mastère spécialisé création et technologie contemporaine de l’ENSCI – Les Ateliers et des élèves de l’université Paris 1 en master 1 avec Pierre-Damien Huyghe, philosophe, et Françoise Parfait, critique d’art (option
art et media et option design et environnement). Les pièces réalisées par les élèves s’inscrivent dans le cadre de phénOrama, plate forme de recherche art et industrie, qui ce semestre a mené une réflexion autour du « statut de l’oeuvre d’art à l’ère de l’industrie créative », thèse dirigée par Raphaëlle Jeune, doctorante, accompagnée de l’artiste Audrey Cottin.Il a été ainsi demandé aux élèves de réaliser des propositions artistiques : installations, performances, vidéo,… qui réinventent le rapport de la forme à la fonction ; par la création d’objets porteurs d’usages qui renvoient à une fiction, par la création d’actions qui génèrent de la forme, par la création de situations qui inventent des comportements ou attitudes,… Nous espérons ainsi questionner à la fois le design, ses liens avec le contexte d’utilisation, la société et l’oeuvre d’art comme objet autonome, forme à contempler hors du monde.

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