Bâtir, c’est actualiser du virtuel

INTRODUCTION LEXICALE

Cette courte introduction tente de préciser la définition de termes que nous employons quotidiennement et dont le sens reste souvent confus. Pour ce faire, je m’appuie sur le papier de Marion Roussel, doctorante en architecture au GERPHAU, intitulé « Actuel / virtuel, introduction à une problématique architecturale » disponible sur le site DNArchi.fr « http://dnarchi.fr/culture/actuelvirtuel-introduction-une-problematique-architecturale/

Partons d’un premier lieu commun, celui de la synonymie entre « virtuel », « numérique » et « internet ». Il est important de savoir que le virtuel n’est pas intrinsèquement lié au numérique. Pierre Lévy explique « L’arbre est virtuellement présent dans la graine. » Dans ce cas, le virtuel est bien réel cependant il n’est pas actuel, il est une puissance en devenir. Aussi, Marion Roussel déplace-t-elle l’opposition virtuel/réel à celle du virtuel et de l’actuel. G. Deleuze partage cet avis et ajoute « le virtuel doit être défini comme une stricte partie de l’objet réel ».

VIRTUEL/ACTUEL ET ARCHITECTURES

Rattachons cette introduction aux architectures virtuelles ou cyberarchitectures initiées dans les années 90 par Marcos Novak. Pour cet architecte, le cyberespace est le moyen de construire en s’affranchissant des contraintes physiques. L’architecture virtuelle est une stricte partie du programme informatique bien réel. Et tout comme on ne voit pas l’arbre dans la graine observée, on ne voit pas l’architecture mais son image quand on regarde l’écran de l’ordinateur. Et puis la graine devient arbre et, l’architecture virtuelle tend à s’actualiser dans le monde matériel. C’est ce que M.Novak appelle l’éversion. « L’éversion (…) est le retournement de la virtualité de telle sorte qu’elle n’est désormais plus contenue dans les technologies qui la supporte mais est renversée dans notre milieu et projetée sur nos architectures et nos villes » Marcos Novak, « Transarchitectures and hypersurfaces, operations of transmodernity », AD, 1998, p.86transarchitecture

Dans un environnement eversé, les technologies sont utilisées non plus comme simples outils de représentations mais comme outils de création. F.Gehry par exemple utilise le logiciel Catia Digital project développé par F.Gehry Technologies pour résoudre la complexité des structures et permettre l’élaboration d’un répertoire formel inédit.           Plus récemment, La Non Linear Solutions Unit a mis au point des modèles numériques d »innovation combinatoire » pour « formaliser une réponse à un problème et optimiser les performances » explique Caterina Tiazzoldi, directrice du laboratoire NSU de l’université de Columbia.

CONCLUSION

L’architecture réagit aux changements techniques qui surviennent. La virtualisation permise auparavant par l’imagination est aujourd’hui augmentée par les technologies numériques qui bouleversent profondément les modèles de conception et conduisent à de nouvelles formes d’architectures.

 

 

Sources :

http://dnarchi.fr/culture/a-la-couture-des-mondes-transarchitecture-et-hypersurfaces-une-introduction/

http://dnarchi.fr/pratiques/le-modele-comme-acte-creatif-et-innovation-combinatoire-le-projet-onion-pinch

http://lab-au.com/#/theory/article_algorithm-and-lig/

« Actuel / virtuel, introduction à une problématique architecturale » disponible sur le site DNArchi.fr « http://dnarchi.fr/culture/actuelvirtuel-introduction-une-problematique-architecturale/

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*