Design et numérique : comment la CAO est elle en passe de changer la démarche du designer. 1/2

Objet issu d’un procédé de design génératif réalisé sur ordinateur.

 

I) La CAO, un outil peu approprié à la démarche créative
II) A la recherche d’outils adéquats pour le designer
III) Les attentes et (r)évolutions à venir.

 

Au cours des 10 dernières années, l’évolution de la puissance des ordinateurs a permit l’émergence de bon nombre de logiciels aidant l’industrie dans le processus de création. Ces aides à la conception permettent aux ingénieurs des départements de R&D d’éviter le recourt à de nombreux calculs et tests, facilitant ainsi le processus de production, sans parler de l’économie financière qui en découle. Ce sont en général des logiciels compliqués d’usage, regroupant bon nombre de fonctions et qui sont extrêmement calqués sur le modèle industriel. On peut citer entre autres CATIA V5, AUTOCAD, SOLIDWORKS…

Générateur thermoélectrique réalisée sous CATIA V5 pour BMW

Avec de tel logiciels vous pouvez aisément mettre en volume une forme au préalable pensée, concrétisée sur papier puis mise en plans. C’est l’ingénieur qui est content ! Mais qu’en est-il pour le designer ?

Que ce soit en architecture ou en design, la démarche créative à elle aussi recourt à bon nombre d’habitudes ancrées depuis longtemps. On peut citer en exemple le carnet de croquis et le crayon ou encore les maquettes papier/carton/lab. Cependant une
tendance nouvelle tend à émerger. Sur la trace de ses prédécesseurs de l’industrie mécanique, de nombreux designers s’emparent de l’outil informatique et l’incluent dans leur démarche de conception. Celui ci peut alors servir au designer de deux façons.

Dans un premier cas, la démarche s’apparente à celle de l’ingénieur : mettre en volume un idée déjà réfléchie pour – par exemple – la tester mécaniquement ou en faire un rendu photo-réaliste  Dans ce cas la démarche employée est celle pour laquelle le logiciel à été conçu.

Chaise Panton reproduite en image de synthèse.

Mais imaginons un seconde que nous puissions abandonner papier et crayons pour nous servir du dit logiciel comme un outil de conception à part entière. Nous penserions alors différemment le processus de création : par une approche globale de l’objet.

Paradoxalement à mi chemin entre « idée première de l’objet » et maquettage de celui ci, cette méthode de conception nous permettrait de faire évoluer à notre guise et sans contrainte les formes et volumes. Avoir une appréhension volumique des courbes et non plus seulement sous certains angles prédéfinis comme c’est le cas sur un carnet de croquis. Nous court-circuiterions ainsi le processus de matérialisation de la pensée par le dessin pour une matérialisation de la pensée par le volume.  Après tout, nous pensons en volume semble t-il, alors pourquoi dessiner en 2 dimensions si ce n’est parce que cela nous est plus familier et spontané ?

Outre cet aspect de retranscription des idées, un tel processus serait idéal pour le designer; lui permettant de gagner du temps dans son travail. Il permettrait la modification en temps réel des formes, le modelage de l’objet tel de l’argile voir la création d’un rendu photo-réaliste avec différents matériaux, lui permettrait entre autre mieux communiquer sur son travail. Il permettrait également d’explorer de nouveaux territoires avec la création de formes dont l’appréhension et plus difficile sans un outil pour nous aider (cf. photo ci dessous & generative design).

Designer utilisant l’image de synthèse pour effectuer une recherche sur l’état de surface.

Enfin, il permettrait surtout de faire le lien avec la démarche conventionnelle et réaliser ainsi une continuité avec le processus de test et fabrication.
Mais qu’en est il de cet hypothétique outil ne répondant pas à la démarche habituelle de l’ingénieur ?

Il n’existe pas encore… Ou plutôt si, en partie, mais ce dont se sert le designer à l’heure actuelle en substitution n’a pas été trouvé du coté de l’industrie que l’on imagine, le designer l’a déniché dans l’industrie du cinéma d’animation. Et vous le verrez, de ce fait son usage reste problématique.

Rendu en image de synthèse d’un véhicule du dessin animé « Cars »

Procédé de modelage sur ordinateur destiné à l’industrie cinématographique (cliquez pour voir l’animation)

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