{"id":237,"date":"2012-11-16T09:23:10","date_gmt":"2012-11-16T09:23:10","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.ensci.com\/phenorama\/?page_id=237"},"modified":"2014-11-19T08:29:21","modified_gmt":"2014-11-19T08:29:21","slug":"programmes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blog.ensci.com\/phenorama\/programmes\/","title":{"rendered":"programmes"},"content":{"rendered":"<p>Pour sa premi\u00e8re ann\u00e9e d\u2019existence ph\u00e9nOrama a choisi d\u2019accueillir et de travailler sur deux axes :<br \/>\n1. Les formes de l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans l\u2019art contemporain \u00e0 l\u2019\u00e8re des industries cr\u00e9atives,<br \/>\n2. Uchronie des objets techniques, pour une approche artistique de l\u2019arch\u00e9ologie.<\/p>\n<p>L\u2019axe 1 sera port\u00e9e par le bin\u00f4me Rapha\u00eblle Jeune, doctorante en esth\u00e9tique de l\u2019art \u00e0 l\u2019universit\u00e9\u2028de Rennes 2 sous la direction de Pierre Henry Frangne et Audrey Cottin, artiste.<\/p>\n<p>L\u2019art vit aujourd\u2019hui une mutation importante qui le conduit \u00e0 red\u00e9finir sa sp\u00e9cificit\u00e9 en regard des autres formes de production humaine. Il doit en effet trouver sa place par rapport \u00e0 la nouvelle nomenclature des industries cr\u00e9atives, dont il fait d\u00e9sormais officiellement partie, alors m\u00eame que la cr\u00e9ativit\u00e9 humaine est consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019ultime ressource pour g\u00e9n\u00e9rer de la richesse. On lui reconna\u00eet une effectivit\u00e9 possible pour l\u2019enrichissement\u2028des rapports sociaux et des m\u00e9canismes de comp\u00e9titivit\u00e9 ; et on tente de l\u2019arraisonner pour en faire un instrument de recherche, de gouvernance et d\u2019innovation, ou encore un rem\u00e8de susceptible d\u2019apaiser les foyers de tension sociale.<\/p>\n<p>Dans cette situation, la distribution des r\u00e9gimes d\u2019existence de l\u2019art par rapport au monde, l\u2019autonomie d\u2019un c\u00f4t\u00e9, o\u00f9 l\u2019art se donne ses propres lois et poss\u00e8de son espace (cube blanc), et l\u2019h\u00e9t\u00e9ronomie de l\u2019autre, o\u00f9 il subit la loi du r\u00e9el dans lequel il appara\u00eet (art dans la vie, \u00ab art de situation \u00bb, art \u00ab contextuel \u00bb), est r\u00e9interrog\u00e9e par certains penseurs de l\u2019esth\u00e9tique. Selon le fran\u00e7ais Jacques Ranci\u00e8re, l\u2019autonomie radicale de l\u2019art ne r\u00e9side pas dans son autor\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 mais dans son h\u00e9t\u00e9ronomie, c\u2019est-\u00e0-dire dans le fait qu\u2019il est toujours autre et que l\u2019 \u00ab on ne sait pas quoi faire avec lui \u00bb. Le jeune philosophe bulgare Boyan Manchev consid\u00e8re, en inversant les termes, que\u2028\u00ab l\u2019autonomie de l\u2019art est paradoxalement son h\u00e9t\u00e9ronomie radicale, c\u2019est-\u00e0-dire son anomie \u00bb. L\u2019anomie est l\u2019\u00e9tat de ce qui n\u2019est pas (encore) nomm\u00e9, ici, l\u2019\u00e9tat de l\u2019art qui fait advenir des territoires de sens et de formes jusque l\u00e0 impensables, en mettant en crise son site d\u2019origine. On pourra avec Manchev \u00e9mettre l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle l\u2019anomie est la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, de ce qui advient, impr\u00e9visible, ind\u00e9cidable, jamais fix\u00e9 dans\u2028un paradigme. Si elle est propre au statut ontologique de l\u2019art contemporain, cette qualit\u00e9 semble habiter plus particuli\u00e8rement certaines \u0153uvres, d\u00e9marches artistiques ou propositions curatoriales de la p\u00e9riode actuelle,\u2028qui font appel \u00e0 des notions telles que : le pr\u00e9sent, le devenir, la sensorialit\u00e9 du corps, la r\u00e9ceptivit\u00e9 de l\u2019esprit, l\u2019hypnose, le kairos, la s\u00e9rendipit\u00e9, l\u2019ouvert, le cheminement, le hasard, l\u2019inattendu, la rencontre et bien s\u00fbr, l\u2019\u00e9v\u00e8nement lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>L\u2019axe 2 sera port\u00e9e par un doctorant en arch\u00e9ologie sous la direction de Anne-Fran\u00e7oise Gar\u00e7on du Centre Malher et Ann Guillaume, artiste.<\/p>\n<p>A partir des travaux de l\u2019historien de l\u2019art Aby Warburg et le montage comme m\u00e9thode d\u2019\u00e9laboration d\u2019une oeuvre, d\u2019une pens\u00e9e, il s\u2019agira de s\u2019interroger sur les possibilit\u00e9s de d\u00e9velopper une pratique artistique qui s\u2019inspire de l\u2019arch\u00e9ologie, ses outils, ses moyens de repr\u00e9sentations, sa philosophie. Chercher le \u00ab d\u00e9j\u00e0 vu \u00bb en jouant avec les objets de l\u2019histoire. La question de la reconstitution comme m\u00e9thode d\u2019\u00e9tude mais aussi comme oeuvre d\u2019art se pose alors. La question de recycler, de s\u2019approprier, de reconstituer. Les grands bouleversements esth\u00e9tiques naissent d\u2019une remise en circulation des formes. La reconstitution est g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9e \u00e0 des fins d\u2019\u00e9tudes scientifiques, historiques, anthropologiques. Dans l\u2019art contemporain, cette pratique a pour cons\u00e9quence de permettre la r\u00e9surrection d\u2019une pratique, d\u2019un objet, d\u2019invoquer un temps pass\u00e9 tout en questionnant\u2028son impact sur le temps pr\u00e9sent. Ces notions de r\u00e9-appropriations, de re-enactment ou encore de r\u00e9pliques r\u00e9pondent du n\u00e9ologisme d\u2019uchronie. L\u2019uchronie d\u00e9signe un non-temps, une remise en perspective du temps\u2028et peut alors inscrire l\u2019histoire dans une symbolique artistique. Utiliser les formes, objets ou gestes du pass\u00e9 comme outils permettent de s\u2019interroger sur l\u2019id\u00e9e m\u00eame de transmission, d\u2019h\u00e9ritage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour sa premi\u00e8re ann\u00e9e d\u2019existence ph\u00e9nOrama a choisi d\u2019accueillir et de travailler sur deux axes : 1. Les formes de l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans l\u2019art contemporain \u00e0 l\u2019\u00e8re des industries cr\u00e9atives, 2. 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