« Le multi-touch, tout reste à faire ».

Bar camp multiTouch à la cantine, Elodie Bongrain présente pour l’Ensci, le premier jour, nous livre ses impressions. Angelo Chiacchio, et jean louis Frechin l’ont précédée le samedi et le dimanche.

Le compte rendu d’Elodie Bongrain


La conférence s’ouvre avec un état de l’art des technologies multi-touch par Faber Novel. Gilles Bailly, doctorant, explique quels sont les défis technologiques liés au développement de ce type d’interface : les principes de réactivité aux pressions des doigts, la détection des mouvements d’un, deux… cinq doigts pour décupler le nombre de combinaisons possibles et donc le nombre d’actions réalisables, l’isolement de groupe de mains pour pouvoir interagir à plusieurs sur un même écran. On comprend, par cette intervention, que les défis technologiques sont nombreux et posent la question de la gestuelle à mettre en place pour rendre l’usage de ce type d’interface viable et appropriable.

Je vous invite à faire un tour sur le site de Stantum, une société qui travaille sur le développement de produits technologiques liés au multitouch et qui, notamment, propose des explications techniques simplifiées : http://www.stantum.com/spip.php?article52/p

Il faut attendre Microsoft pour aborder la question des usages. Si David Cohen et David Talaga ouvrent leur intervention sur les possibilités technologiques multitouch sous la forme d’un globe qui permet de faire le ping pong=2 0avec des images; ils vont plus loin avec la présentation de courtes vidéos. Je vous invite à aller voir cette vidéo qui propose des scénarios qui ne manquent pas d’intérêt pour les designers que nous sommes:

http://www.baptisteblog.com/le-futur-du-web-des-interfaces-et-des-usages-en-2019/

Si ce genre de vision n’est pas obligatoirement l’avenir, elle dépeint néanmoins de nombreux usages pour lesquels le designer devrait avoir un rôle à jouer.

Intuilab présente le prototype fonctionnel d’une table basse multitouch (valeur 11 000 euros) munie d’un panel d’applications. A valeur d’exemple, cet objet est intéressant car il pose la question de la forme et de l’échelle que « peut » prendre ce type d’interface. Il semble que le multitouch ne soit pas adaptable à tous les usages. Des limites physiques comme la précision du doigt et celle de la taille limitée d’un être humain. Contrairement au clavier, au stylet, le multi-touch est à l’échelle du corps, de la main, du doigt et en a la liberté mais aussi les limites ! Est-il réaliste de penser que le multi-touch va devenir la nouvelle norme de saisie texte ?

Sur un autre plan, cette table propose des applications allant de la banque en ligne (contact carte bleue, gestion de comptes) à des interfaces de cartographie. Il y a aussi une véritable réflexion à mener sur le type de services auquel la multitouch pourrait apporter une véritable plus value. Voici en exemple une vidéo de Jefferson qui  nous montre un début de réponse :

http://www.koreus.com/video/multi-touch.html

Un acteur fondamental manquait : Apple avec ses différents brevets pose un véritable problème aux autres acteurs du marché. Comment innover là où il existe déjà des brevets ? Avec l’iPhone, l’écran multitouch est dans toute les poches. 

 

En conclusion, cette conférence montre que les technologies progressent mais que les usages associés ne sont, pour l’instant, que des esquisses. Etant donné le succès de l’iPhone, il est indéniable que le multi touch a un avenir plus que prometteur.  Pour les designers, le multitouch semble alors être une aubaine. A l’instar d’Apple, au-délà du défi technique, le designer a son rôle à jouer dans la création de gestuelles, dans la définition des nouveaux usages et aussi àdans la réflexion sur l’échelle et le périmètre de ses domaines d’applications. »

Élodie Bongrain

un article de jean louis frechin sur le multi-touch

photo jlf