Up’fing 07/Apprentis sorciers/réactions/Ateliers folies fertiles/Villes 2.0.

Pour cette université de printemps, l’impression générale est celle de débats pour le moins péssimistes. Bien entendu, l’apparition de technologies dont on ne maîtrise pas tous les enjeux et dont on ne peut pas prédire tous les usages n’est pas à acceuillir sans rétissence aucune. Cependant, la vision qui a été celle qui a porté les débats ne m’a pas paru des plus fructueuse. A savoir, que l’arrivée de technologies du type bio-nano-cogno ou de technologies hybrides mêlant ces trois champs de recherche était inévitable et qu’il fallait en débatre dans une optique de prévention, comme si l’on en attendait que le pire.

C’est ainsi que nous avons débuté l’atelier ‘’Villes 2.0’’, en élaborant des ‘’scénarios noirs’’. Le thème de l’atelier : ‘’La ville peut elle être expérimentale?’’ appelait pourtant à la créativité et à l’inventivité. Mais il a semblé que l’imagination de la plupart des spécialistes présents ait mieux fonctionné du coté ‘’obscur’’. Autant dire que les folies n’ont pas été des plus fertiles! Allons-y pour une remarque un peu plus constructive. Le regard avec lequel nous avons imaginé les futurs possibles de la ville est un regard que nous empruntons à des représentations issues du cinéma, de la science fiction, etc… Ce regard est intéressant mais n’est pas suffisant. Il serait donc bon de prendre un certain recul afin de construire de nouveaux scénarios, de penser nos propres représentations, avec un regard curieux, avec des aspirations au mieux pour tous. Cet imaginaire que nous convoquons pour nous projeter dans la ville future est construit sur l’utopie de la ‘’transparence’’. La ville transparente est à la fois excitante et inquiétante. Ville transparente ou ville simulacre. La ville transparente est inquiétante si on l’interprète comme une ville ou tout est sous surveillance, ou tout est contrôlé, aseptisé. La ville simulacre est la ville ou la transparence permet de se jouer de l’image. Une ville ou il est possible pour chacun de manipuler et de gérer son propre identité publique en tant qu’il sait de quelle façon elle sera perçue par les autres, par la communauté. Mais quelle pourrait être la ville 2.0 dont nous rêvons, celle porteuse de nos envies, nos attentes, nos besoins de société? Pourquoi ne pas penser la ville comme le lieu de la rematérialisation plutôt que comme le lieu de la transparence? Le lieu ou il est possible de voir les coutures plutôt que le lieu ou tout est ‘’caché’’ (ambiance intelligente). Le lieu ou il est possible de récupérer les informations ambiantes, et de les comprendre. Une ville est aussi le lieu ou les réseaux sociaux virtuels qui se constituent trouvent des points d’accroche et des possibilités de rematérialisation. Et si les technologies qui viennent à nous nous aidaient à mieux cerner la ville, à mieux la vivre, à mieux en exploiter les ressources. Si ces technologies étaient en mesure de rendre aux habitants un peu d’esprit d’initiative.

Un petit exemple sommaire pour conclure; imaginons une autre fa con de planifier la ville. Les blogs, les wikis sont de premiers outils qui pourraient être mis à la disposition des habitants pour prendre activement part aux décisions d’aménagement de leur quartier. Quelque chose d’un peu plus concret que les zones d’aménagement concerté que l’on connaît actuellement. On pourrait alors imaginer des PLU en constante évolution, avec une réelle participation des habitants. On remets alors en question le principe qui régit nos villes d’aujourd’hui : la planification. Les outils de participation peuvent constituer une solution qui permettrait aux habitants de court-circuiter le mode de prise de décision habituel des institutions en manque de réactivité.

Aurélie Eckenschwiller