{"id":239,"date":"2012-12-30T19:26:51","date_gmt":"2012-12-30T18:26:51","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/?p=239"},"modified":"2013-01-05T17:29:38","modified_gmt":"2013-01-05T16:29:38","slug":"quel-prix-pour-le-book","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/2012\/12\/30\/quel-prix-pour-le-book\/","title":{"rendered":"Quel mod\u00e8le \u00e9conomique pour l&rsquo;e-book ?"},"content":{"rendered":"<p>Avec le livre num\u00e9rique, des milliers d&rsquo;usagers peuvent d\u00e9sormais se connecter en m\u00eame temps. La raret\u00e9 de l&rsquo;oeuvre n&rsquo;existe plus.<\/p>\n<p>Alors quel prix au livre num\u00e9rique?<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;instant, le livre num\u00e9ris\u00e9 jeunesse, provenant du papier, est environ 30% moins cher. Et pour cause, il exclut les frais d&rsquo;achat de papier, les impressions, les invendus et surtout, il s&rsquo;appuie sur des contenus pr\u00e9 existants.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;en est-il de l&rsquo;oeuvre nativement num\u00e9rique ? On pourrait envisager un prix plus faible d\u00fb \u00e0 la dispense de num\u00e9risations et \u00e0 la forte pr\u00e9gnance du mod\u00e8le libre ou \u00e0 tr\u00e8s bas co\u00fbt du march\u00e9 de l&rsquo;applicatif (une application sur l&rsquo;appstore vaut en moyenne 1,92 \u20ac).\u00a0Pourtant son prix reste \u00e9lev\u00e9 dans le domaine jeunesse, \u00e9voluant chez les maisons d&rsquo;\u00e9dition qualitatives comme Mindshapes, Touch Press, Nosy Crow, entre 5 et 15 euros. Trop cher pour une oeuvre qui n&rsquo;est m\u00eame pas tangible dira-t-on. Mais d\u00e9sormais, la comparaison entre le co\u00fbt d&rsquo;un livre et celui d&rsquo;une oeuvre num\u00e9rique est absurde, autant que l&rsquo;est celle d&rsquo;un roman et d&rsquo;un DVD. L&rsquo;oeuvre num\u00e9rique est int\u00e9ractive, propose du son et de la vid\u00e9o, recquiert dix fois plus de temps \u00e0 la conception qu&rsquo;une oeuvre papier ainsi que de nouvelles comp\u00e9tences. \u00ab\u00a0Une minute d&rsquo;animation correspond \u00e0 une semaine de travail\u00a0\u00bb atteste Christian Dorffer, co-fondateur de la maison d&rsquo;\u00e9dition num\u00e9rique britannique Mindshapes.<\/p>\n<p>Inqui\u00e9tude chez les \u00e9diteurs, le devenir du prix unique du livre qu&rsquo;ils \u00e9taient les seuls \u00e0 d\u00e9cider. Les exploitants de plateformes de distribution comme la Fnac, Amazon ou Apple \u00e0 qui une partie des recettes \u00e9ditoriales est revers\u00e9e pourraient bien \u00eatre les nouveaux r\u00e9gulateurs de prix. Aucun mod\u00e8le juridique ne traite n\u00e9anmoins de ce point \u00e0 ce jour. Mais certains \u00e9diteurs comme Touch Press fond\u00e9 par Max Whitby, posent d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent les marques de leur ind\u00e9pendance avec un fonctionnement interne particulier bas\u00e9 sur une grosse \u00e9quipe d&rsquo;ing\u00e9nieurs d\u00e9veloppeurs. Ainsi, seuls 4% de leur production est revers\u00e9e \u00e0 des mainteneurs comme IOS contre 30% dans le cas de la mise en ligne de contenus sur l&rsquo;appstore.<\/p>\n<p>Autre ph\u00e9nom\u00e8ne redout\u00e9, le piratage num\u00e9rique et le libre acc\u00e8s qui suivront le passage du livre au r\u00e9seau. Alors le refuge, ce sont les DRM, Digital Right Management ou\u00a0gestion des droits num\u00e9riques. Ces dispositifs ont pour objectif de contr\u00f4ler l&rsquo;usage qui est fait d&rsquo;une oeuvre num\u00e9rique. Tr\u00e8s utilis\u00e9s pour les oeuvres musicales ou cin\u00e9matographiques, ils s&rsquo;appliquent d\u00e9sormais aux livres num\u00e9riques.\u00a0D&rsquo;apr\u00e8s les petits \u00e9diteurs comme Angry Birds, \u00ab\u00a0<i>Ce sont les plus grands \u00e9diteurs qui s&rsquo;accrochent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 ce radeau. Nombre de petits \u00e9diteurs pr\u00f4nent le sans DRM maintenant, ou du moins, ne s&rsquo;inqui\u00e8tent pas du piratage outre mesure.<\/i>\u00a0\u00bb Les biblioth\u00e8quaires aussi commencent \u00e0 pointer les grands groupes du doigt. Trop soucieux de prot\u00e9ger leurs oeuvres, ils refusent de les partager sur les plateformes des collectivit\u00e9s, s&rsquo;indigne un biblioth\u00e8quaire de la\u00a0biblioth\u00e8que num\u00e9rique de r\u00e9f\u00e9rence de la BM de Grenoble avec son papier \u00ab\u00a0Comment les DRM ont eu la peau des biblioth\u00e9caires\u00a0\u00bb sur le blog Bubiblog.<\/p>\n<p>Toujours sur le m\u00eame blog, un usager regrette am\u00e8rement l&rsquo;achat d&rsquo;un livre num\u00e9rique avec DRM qui est illisible sur son support, ne permet aucune copie m\u00eame priv\u00e9e, limite l&rsquo;ouverture du pdf \u00e0 un nombre restreint de p\u00e9riph\u00e9riques. Pour lui, cette politique de protection est une entrave \u00e0 son droit de lecteur. Et ajoutons que dans le droit de lecteur, il y a le droit au partage. Apr\u00e8s tout, on pr\u00eate bien un livre papier. Philippe Aigrin, fervent d\u00e9fenseur du sans DRM d\u00e9clare\u00a0\u00a0\u00bb\u00a0La pr\u00e9visibilit\u00e9 de cette guerre au partage m\u2019a pouss\u00e9 depuis longtemps \u00e0 estimer que c\u2019est aussi et m\u00eame particuli\u00e8rement dans le domaine du livre num\u00e9rique qu\u2019il faut d\u2019urgence reconna\u00eetre un droit au partage non-marchand entre individus associ\u00e9 \u00e0 de nouvelles r\u00e9mun\u00e9rations et financements, faute de quoi le d\u00e9ploiement massif des DRM et la guerre au partage feront r\u00e9gresser tragiquement les droits des lecteurs &#8211;\u00a0et parmi eux des auteurs\u00a0&#8211; m\u00eame par rapport aux possibilit\u00e9s du livre papier \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Le pacte entre lecteur, auteur et \u00e9diteur doit \u00eatre respect\u00e9 sans quoi les \u00e9changes ne peuvent prosp\u00e9rer.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/2012\/12\/30\/quel-prix-pour-le-book\/drm_editeurs\/\" rel=\"attachment wp-att-242\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-242\" alt=\"DRM_editeurs\" src=\"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/files\/2012\/12\/DRM_editeurs-275x300.png\" width=\"275\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/files\/2012\/12\/DRM_editeurs-275x300.png 275w, http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/files\/2012\/12\/DRM_editeurs.png 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 275px) 100vw, 275px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Certains l&rsquo;ont compris et font du sans DRM un argument de vente\u00a0(Les Editions Zo\u00e9, Editions XYZ, M\u00e9tali\u00e9, Au Diable Vauvert, Editions Buchet Chartel&#8230;). D&rsquo;ailleurs pour eux, les DRM n&rsquo;ont jamais fait leurs preuves, au contraire puisqu&rsquo;en rendant les contenus difficilement exploitables, ils inciteraient au vol.<\/p>\n<p>Comment faire coexister un mod\u00e8le viable pour les \u00e9diteurs et auteurs tout en pr\u00e9servant la valeur culturelle du partage entre acquisiteurs ?<\/p>\n<p>Pour Philippe Aigrain, pour que les \u00e9changes entre lecteurs puissent perdurer, une proposition \u00e9conomique soutenable doit \u00eatre instaur\u00e9e. Elle comprend les \u00e9changes hors march\u00e9 et l&rsquo;interdiction d&rsquo;utilisation de sites de prestataires visant \u00e0 centraliser les contenus. Pour s&rsquo;assurer que le partage soit raisonn\u00e9, une technologie plus souple que les DRM Adobe existe. Il s&rsquo;agit du tatouage num\u00e9rique ou watermarking qui permet de d\u00e9tecter le nombre de copies. Toute modification du contenu ou tentative de suppression du marquage an\u00e9antit l&rsquo;oeuvre. Ce nouveau dispositif amorce la chute de la non concurrence et du monopole des DRM Adobe. Aux Pays Bas, le distributeur et grossiste leader Centraal Boekhius offre aux \u00e9diteurs n\u00e9erlandais la protection de leurs e-books par watermarking jusqu&rsquo;au 31 D\u00e9cembre. Pour Boekhius,\u00a0 c&rsquo;est une fa\u00e7on de fonder une image de marque sur la confiance et la responsabilisation du lecteur. Et en tant que premier fournisseur des librairies n\u00e9erlandaises, il s&rsquo;assure une force de frappe pour persuader le client et lancer l&rsquo;offre num\u00e9rique.<\/p>\n<p>En conclusion, le livre num\u00e9ris\u00e9 descendant direct du papier, n&rsquo;a pas encore d&rsquo;identit\u00e9 propre et son prix est fix\u00e9 en fonction de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Mais l&rsquo;oeuvre nativement num\u00e9rique qui \u00e9merge, et devrait largement se r\u00e9pandre, appelle des comp\u00e9tences qui d\u00e9passent les professions de l&rsquo;\u00e9dition. Son prix doit \u00eatre enti\u00e8rement distingu\u00e9 de celui d&rsquo;une oeuvre papier. Enfin, le num\u00e9rique est potentiellement un moyen d&rsquo;accro\u00eetre les \u00e9changes entre lecteurs, en cel\u00e0, il est pour certains un objet qui doit rester libre d&rsquo;acc\u00e8s. Et pour que les fins de ces activit\u00e9s soient culturelles, il est n\u00e9cessaire de les raisonner via des technologies respectueuses des droits des lecteurs et de renforcer par l\u00e0 m\u00eame le pacte de confiance entre lecteur, auteur, \u00e9diteur et distributeur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rences :<\/p>\n<p>Rencontre du MICE au Salon du Livre Jeunesse \u00e0 Montreuil en novembre 2012<\/p>\n<p>http:\/\/blog.hatt.fr\/comment-les-drm-ont-eu-la-peau-des-bibliothecaires<\/p>\n<p>http:\/\/scinfolex.wordpress.com\/2012\/11\/08\/pour-un-droit-au-partage-des-livres-numeriques\/<\/p>\n<p>http:\/\/www.actualitte.com\/usages\/inciter-les-editeurs-a-abandonner-les-drm-pour-le-watermarking-38869.htm<\/p>\n<p>http:\/\/www.journaldunet.com\/ebusiness\/internet-mobile\/iphone-app-store-france\/prix-moyen-des-application.shtml<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec le livre num\u00e9rique, des milliers d&rsquo;usagers peuvent d\u00e9sormais se connecter en m\u00eame temps. La raret\u00e9 de l&rsquo;oeuvre n&rsquo;existe plus. Alors quel prix au livre num\u00e9rique? Pour l&rsquo;instant, le livre num\u00e9ris\u00e9 jeunesse, provenant du papier, est environ 30% moins cher. &hellip; <a href=\"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/2012\/12\/30\/quel-prix-pour-le-book\/\">Lire la suite <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":343,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-239","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/users\/343"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=239"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/239\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":243,"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/239\/revisions\/243"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/blog.ensci.com\/humanitesnumeriques\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}